jalon →
Dada fut la pointe extrême de la protestation contre l’aspect physique de la peinture. C’était une attitude métaphysique. Il était intimement et consciemment mélé à la « littérature ». C’était une espèce de nihilisme pour lequel j’éprouve encore une grand sympathie. C’était un moyen de sortir d’un état d’esprit - d’éviter d’être influencé par son milieu immédiat, ou par le passé : de s’éloigner des clichés - de s’affranchir. La force de vacuité de Dada fut très salutaire. Dada vous dit : « N’oubliez pas que vous n’êtes pas aussi vide que nous le pensez! » d’habitude un peintre confesse qu’il a ses jalon. Il va d’un jalon à l’autre. En fait, il est l’esclave de ses jalon - même s’ils sont contemporains. Marcel Duchamp, Duchamp du signe, Paris, Flammarion, 1975, 1994, p. 172. Propos, Propos en anglais recueillis pas James Johnson Sweney in The Bulletin of the Museum of Modern Art, vol. III, n° 45, New Yorks, 1946, pp. 19-21.