Les artistes sont comme les philosophes à cet égard, ils ont souvent une trop petite santé fragile, mais ce n’est pas à cause de leurs maladies ni de leurs névroses, c’est parce qu’ils ont vu dans la vie quelque chose de trop grand pour quiconque, de trop grand pour eux, et qui a mis sur eux la marque discrète de la mort. Mais ce quelque chose est aussi la source ou le souffle qui les font vivre à travers les maladies du vécu (ce que Nietzsche appelle santé). Gilles Deleuze, Felix Guattari, Qu’est-ce que la philosophie?, Les éditions de minuit, Paris, 1991, p. 163
Les machines désirantes sont des machines binaires, à règle binaire ou régime associatif ; toujours une machine couplée avec une autre. La synthèse productive, la production de production, a une forme connective : « et », « et puis »… C’est qu’il y a toujours une machine productrice d’un flux, et une autre qui lui est connectée, opérant une coupure, un prélèvement de flux (le sein - la bouche). Et comme la première est à son tour connectée à une autre par rapport à laquelle elle se comporte comme coupure ou prélèvement, la série binaire est linéaire dans toutes les directions. Le désir ne cesse d’effectuer le coupage de flux continus et d’objets partiels essentiellement fragmentaires et fragmentés. Le désir fait couler, coule et coupe. « J’aime toue ce qui coule, même le flux menstruel qui emporte les œufs non fécondés… », dit Miller dans son chant du désir*. Poche des eaux et calculs du rein ; flux de cheveu, flux de bave, flux de sperme, de merde ou d’urine qui sont produits par des objets partiels, constamment coupés par d’autres objets partiels, lesquels produisent d’autres flux, recoupés par d’autres objets partiels. Tout « objet » suppose la continuité d’un flux, tout flux, la fragmentation de l’objet. Sans doute chaque machine-organe interprète le monde entier d’après son propre flux, d’après l’énergie qui flue d’elle : l’œil interprète tout en termes de voir - le parler, l’entendre, le chier, le baiser… Mais toujours une connexion s’établit avec une autre machine, dans une transversale où la première coupe le flux de l’autre ou « voit » son flux coupé par l’autre. Gilles Deleuze, Felix Guattari, L’anti-œdipe, Capitalisme et schizophrénie, Les éditions de minuit, Paris, 1972/1973, pp. 11-12. * Henry Miller, Tropique du cancer, ch. XIII (« … et mes entrailles s’épandent en un immense flux schizophrénique, évacuation qui me laisse face à face avec l’absolu… »).
Ça fonctionne partout, tantôt sans arrêt, tantôt discontinu. Ça respire, ça chauffe, ça mange. Ça chie, ça baise. Quelle erreur d’avoir dit le ça. Partout ce sont des machines, pas du tout métaphoriquement : des machines de machines, avec leurs couplages, leurs connexions. Une machine-organe est branchée sur une machine-source : l’une émet un flux, que l’autre coupe. Le sein est une machine qui produit du lait, et la bouche, une machine couplée sur celle-là. La bouche de l’anorexique hésite entre une machine à manger, une machine anale, une machine à parler, une machine à respirer (crise d’asthme). C’est ainsi qu’on est tous bricoleurs ; chacun ses petites machines. Une machine-organe pour une machine-énergie, toujours des flux et des coupures. Gilles Deleuze, Felix Guattari, L’anti-œdipe, Capitalisme et schizophrénie, Les éditions de minuit, Paris, 1972/1973, p. 7.
Les machines désirantes sont des machines binaires, à règle binaire ou régime associatif ; toujours une machine couplée avec une autre. La synthèse productive, la production de production, a une forme connective : « et », « et puis »… C’est qu’il y a toujours une machine productrice d’un flux, et une autre qui lui est connectée, opérant une coupure, un prélèvement de flux (le sein - la bouche). Et comme la première est à son tour connectée à une autre par rapport à laquelle elle se comporte comme coupure ou prélèvement, la série binaire est linéaire dans toutes les directions. Le désir ne cesse d’effectuer le coupage de flux continus et d’objets partiels essentiellement fragmentaires et fragmentés. Le désir fait couler, coule et coupe. « J’aime toue ce qui coule, même le flux menstruel qui emporte les œufs non fécondés… », dit Miller dans son chant du désir*. Poche des eaux et calculs du rein ; flux de cheveu, flux de bave, flux de sperme, de merde ou d’urine qui sont produits par des objets partiels, constamment coupés par d’autres objets partiels, lesquels produisent d’autres flux, recoupés par d’autres objets partiels. Tout « objet » suppose la continuité d’un flux, tout flux, la fragmentation de l’objet. Sans doute chaque machine-organe interprète le monde entier d’après son propre flux, d’après l’énergie qui flue d’elle : l’œil interprète tout en termes de voir - le parler, l’entendre, le chier, le baiser… Mais toujours une connexion s’établit avec une autre machine, dans une transversale où la première coupe le flux de l’autre ou « voit » son flux coupé par l’autre. Gilles Deleuze, Felix Guattari, L’anti-œdipe, Capitalisme et schizophrénie, Les éditions de minuit, Paris, 1972/1973, pp. 11-12. * Henry Miller, Tropique du cancer, ch. XIII (« … et mes entrailles s’épandent en un immense flux schizophrénique, évacuation qui me laisse face à face avec l’absolu… »).
Les machines désirantes sont des machines binaires, à règle binaire ou régime associatif ; toujours une machine couplée avec une autre. La synthèse productive, la production de production, a une forme connective : « et », « et puis »… C’est qu’il y a toujours une machine productrice d’un flux, et une autre qui lui est connectée, opérant une coupure, un prélèvement de flux (le sein - la bouche). Et comme la première est à son tour connectée à une autre par rapport à laquelle elle se comporte comme coupure ou prélèvement, la série binaire est linéaire dans toutes les directions. Le désir ne cesse d’effectuer le coupage de flux continus et d’objets partiels essentiellement fragmentaires et fragmentés. Le désir fait couler, coule et coupe. « J’aime toue ce qui coule, même le flux menstruel qui emporte les œufs non fécondés… », dit Miller dans son chant du désir*. Poche des eaux et calculs du rein ; flux de cheveu, flux de bave, flux de sperme, de merde ou d’urine qui sont produits par des objets partiels, constamment coupés par d’autres objets partiels, lesquels produisent d’autres flux, recoupés par d’autres objets partiels. Tout « objet » suppose la continuité d’un flux, tout flux, la fragmentation de l’objet. Sans doute chaque machine-organe interprète le monde entier d’après son propre flux, d’après l’énergie qui flue d’elle : l’œil interprète tout en termes de voir - le parler, l’entendre, le chier, le baiser… Mais toujours une connexion s’établit avec une autre machine, dans une transversale où la première coupe le flux de l’autre ou « voit » son flux coupé par l’autre. Gilles Deleuze, Felix Guattari, L’anti-œdipe, Capitalisme et schizophrénie, Les éditions de minuit, Paris, 1972/1973, pp. 11-12. * Henry Miller, Tropique du cancer, ch. XIII (« … et mes entrailles s’épandent en un immense flux schizophrénique, évacuation qui me laisse face à face avec l’absolu… »).machine désirante